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Le long des routes de Litang, au son des soutras (enseignements du Bouddha), apparaissent des hommes et des femmes, portant leur foi sur le coeur, et leur chapeau en feutre sur la tête. On se croirait ailleurs, au Tibet oriental, dans une Chine tolérante peut-être.

La route venant de Shangri-La nous fait découvrir une culture différente, celle de cowboys méditants, loin de mendier pour leur liberté.


Perché dans les hauteurs de la Chine Occidentale, Litang est un  petit patelin sans peur, un bastion du Tibet libre et autonome. Il y flotte une atmosphère venue d’ailleurs qui en ces jours ensoleillés, voit défiler dans ses ruelles ces Khampas (tribus tibétaines) du Sichuan venant de la région de Kham. Litang festoie, et revêtant ses plus beaux apparats, met en scène ses moines. Ces derniers, après avoir décoré leurs habitats de tangkas (rouleaux de peintures tibétaines), défilent sans difficulté pendant l’exercice de leur piété.

Les moulins à prière se mettent à tourner, et tourner encore, sur la musique mythique des mantras murmurés. Et ici, ces cowboys des hauts, marchent la circumambulation et puis là, d’autres allongés de tout leur long, s’adonnent à la prostration.


Devant nos yeux, Litang invente son propre genre cinématographique, un western ramen sans spaghetti. Ses protagonistes, tous bouddhistes, à la recherche de liberté dans le Far-Est, vivent une aventure spirituelle, façonnée à coups de mâlâs (chapelets) qu’on porte autour du cou.

Combattre l’oppression par la prière, tel est faite la conquête de l’Est.


Ici ou à Lhassa, cette rebellion par la foi, avec les mains jointes au dessus de la tête, et les genoux fléchis, goûte parfois les joies de la liberté, celle qu’on pratique en spiritualité et qu’on descelle dans le sourire d’un enfant. Ce dernier, une fois choisi par l’école des chapeaux jaunes de Gelug, sera le 15ème (Dalaï-Lama) à penser qu’on peut être libre et vaincre sans oppresser.